Star Wars: Episode I – The Phantom Menace : to hate or not to hate

20th Century Fox. Lucasfilm. Le fameux « A long time ago in a galaxy far, far away…. ». Puis, la musique de Williams retentit et le texte d’ouverture défile devant nos yeux. Star Wars. Ces deux mots ont, depuis le début de la saga en 1977, fait rêver beaucoup de personnes. En 1999, Lucas propose au public une suite qui n’en est pas une, histoire de prolonger la magie, et surtout d’approfondir l’univers créé il y a plus de 20 ans. Je n’ai pas découvert cet épisode I à l’époque, dans l’excitation et l’espoir que procurait un nouveau film Star Wars. Je n’ai pas non plus vécu la vague de critiques négatives adressées contre Lucas et son film. J’ai découvert cet épisode enfant, sans vraiment connaître le contexte autour. N’ayant pas revu cet épisode depuis des années, il m’a semblé temps de le revoir – et toute la saga avec – pour pouvoir poser de nouveaux yeux sur ce prolongement de l’oeuvre de Lucas.

The Phantom Menace, donc, se propose de raconter les événements antérieurs à l’épisode IV, The New Hope. Ainsi, Lucas avait pour ambition non seulement de montrer l’enfance de celui qui deviendra plus tard Darth Vader, mais aussi de décrire la situation politique (et même, géopolitique) de la Galaxie. Et c’est peut-être ça qui a déplu, les histoires de Fédération du commerce, de République, de Bordure extérieure, alors que la trilogie originale parlait avant tout de la famille Skywalker, et ne s’attardait pas forcément sur la toile de fond politique de son histoire. Le texte déroulant qui se situe au début résume bien la situation : la famille Skywalker n’y est pas mentionnée, au profit de l’explication de l’intrigue politique. On ne peut pas vraiment juger de la qualité de cette partie du film, tant elle repose sur les deux suites, Attack of the Clones et Revenge of the Sith. Je peux seulement dire qu’elle ne passionne pas vraiment, introduisant trop d’éléments au spectateur, alors que l’intérêt de Star Wars repose surtout sur ses éléments mythologiques tels que les Jedi, les Sith, la Force et toutes les autres trouvailles qui rapprochent la trilogie originale d’une épopée fantastique. Il ne faut cependant pas dénier à Lucas le goût pour l’expérimentation, et cette intrigue politique est loin d’être ridicule. Mais, encore une fois, il faudra attendre la suite pour réaliser l’ampleur du récit. La scène se déroulant au Sénat laisse présager les moments réussis des prochains épisodes qui touchent au contexte politique de l’univers.

Malheureusement, quand le film s’intéresse un peu plus au versant Jedi et Skywalker de son univers, ce n’est pas non plus un home run qu’il réalise. En cause, tout d’abord, l’interprète choisi pour Anakin jeune qui n’impressionne pas vraiment, mais qui est quand même mieux que Hayden Christensen. On a du mal à voir en lui le futur Darth Vader. En soi, l’histoire d’Anakin est plutôt bien traitée, répondant à celle de Luke : un gamin surdoué dans son domaine et qui rêve d’une chose seulement, de partir de Tatooïne. Mais justement, la partie du film sur Tatooïne est vraiment le ventre mou du film. Bien sûr, le film se devait de montrer Anakin avec sa mère, là où il a vécu son enfance. Au final, seule la course de Pods réussit vraiment, démontrant une maîtrise technique assez incroyable de la part des équipes de Lucasfilm. Le sound design, notamment, impressionne, et la mise en scène de Lucas fait bonne utilisation des possibilités supplémentaires offertes par la technologie qui n’existait pas il y a 20 ans. A part cela, on attend vraiment que le temps passe sur Tatooïne. De plus, c’est lors de l’escale du film sur la planète que Lucas dégaine son idée des midi-chloriens, bête tentative de rationalisation de la Force, principe mystique qui élevait Star Wars au rang de mythe parmi les mythes.

pic2-large.jpg

Tant qu’on y est, autant parler du pire : le personnage de Jar-Jar Binks. S’il y a bien un élément de la prélogie qui mérite les critiques émises à son égard, c’est lui. Élément burlesque ajouté par Lucas pour apporter un humour à son univers, Binks se révèle être une vraie catastrophe filmique. Tout d’abord, le design numérique du personnage est vraiment laid (ce qui n’est pas le propre du seul Binks, nous y reviendrons). Ensuite, ce ressort comique n’est finalement jamais drôle, et il devient vite insupportable, polluant chaque scène épique et dramatique en y ajoutant un humour lourd et bas du front. Pire, il amène une facilité scénaristique en sortant de nulle part et en sauvant Obi-Wan et Qui-Gon et en les amenant chez les Gungans. Heureusement, sa présence se réduit dans les volets suivants.

Parmi les points positifs, il faut saluer la production design plutôt réussie. Naboo, notamment, et ses vaisseaux, sont de belles additions à l’univers Star Wars qui ne trahissent pas l’esprit de la trilogie originale. Mais malheureusement, ces bonnes idées sont vite gâchées par un trop plein d’effets numériques qui font que, seulement 20 ans après, le film a vraiment mal vieilli. On doit se l’avouer : The Phantom Menace est bel et bien un film laid. Notamment, les scènes sur Tatooïne et les scènes de bataille sur Naboo font mal aux yeux. Puis, il faut avouer qu’il y a plus stimulant que filmer des conversations entre personnages statiques sur fond vert…

Bien sûr, on ne peut pas ne pas parler de John Williams. La musique qu’il a composé rehausse tout le film d’un cran, jusqu’au climax (presque) final sublimé par son « Duel of the Fates ». Cette scène d’ailleurs, pourrait presque nous faire oublier les gros défauts du film tellement elle est réussie. Portée par trois personnages et notamment un méchant digne de ce nom, Dark Maul, elle est vraiment la cerise sur le gâteau que chaque film Star Wars mérite. D’une puissance émotionnelle folle, ce moment reste dans l’esprit des spectateurs.

Finalement, le film ne gâche pas l’univers de la trilogie originale comme certains fans ont pu l’affirmer. Mais il est impératif de constater de gros défauts, d’ailleurs peut-être dus au trop plein d’ambition de Lucas. En tout cas, la trilogie est lancée. Le personnage de Padme est plein de promesses, notamment dans sa relation avec Anakin. Une impressionnante intrigue politique est esquissée, et même si la poésie de la trilogie originale n’est pas retrouvée, on sent que Lucas a quelque chose à nous raconter.

 

Publicités

Star Wars: Episode VII – Le Réveil de ma Passion pour la Saga

[Attention, cet article contiendra de nombreux spoilers importants sur l’intrigue du film. Si vous ne l’avez pas encore vu, il est déconseillé de le lire.]

Ça y est. On y est. Le film le plus attendu de l’année… Que dis-je ? De la décennie (voire de tous les temps) est sorti sur nos écrans français, en ce beau jour du 16 décembre 2015. Dire que j’avais hâte de voir Le Réveil de la Force est un petit euphémisme, dans le sens où Star Wars est ma saga préférée depuis que je suis tout petit. Dans le sens où les bandes-annonces m’avaient mis les larmes aux yeux. Dans le sens où tout les fans de la trilogie originale ont essayé d’imaginer, au moins une fois dans leur vie, la suite des aventures de Luke, Leia et Han et de leurs enfants. Tout était donc réuni pour que Le Réveil de la Force devienne le plus grand succès du Cinéma en terme d’entrées (ce qu’il est bien parti pour réaliser). Vous l’aurez compris, les attentes vis à vis du film étaient énormes, et la pression était double: les fans déçus par la prélogie devaient êtres rassurés par le film, et les nouveaux arrivants devaient être séduits par ce film même s’ils ne connaissaient pas l’univers l’entourant.

Mais assez parlé des attentes par rapport au film et de leur justification, parlons plutôt du résultat. Pour moi, cet Episode VII est une réussite presque totale. En fait, il me fait tellement du bien, en tant que fan de Star Wars, que je pourrais presque en oublier les défauts. Mais restons clairvoyant et objectif.

Des défauts, Le Réveil de la Force en a. Tout d’abord, il a été souvent souligné parmi tous les avis que j’ai lu, que le film s’inspire un peu trop de l’intrigue et d’éléments d’Un Nouvel Espoir et de L’Empire Contre-Attaque. Et c’est vrai. L’un des éléments les plus flagrants est le suivant: on a, dans ce nouvel opus, le personnage de Poe Dameron (Oscar Isaac) qui confie une carte très importante, sorte de MacGuffin, à un droïde. Cela renvoie au début de l’Episode IV, avec la Princesse Leia qui confie un message important à R2-D2. Egalement, nous avons dans Le Réveil de la Force une nouvelle Etoile Noire (oui, encore) avec encore, en guise de conclusion de film, la destruction de cette nouvelle Etoile Noire (comme dans l’Episode IV et dans l’Episode VI). Manque d’inventivité et limitation des prises de risques, ou volonté de repartir sur des bases saines et familières pour cette nouvelle trilogie ? Pour ma part, je pense que c’est un peu des deux. Oui, clairement, le manque d’inventivité est l’un des problèmes du film. Par exemple, nous avons 3 nouvelles planètes, mais qui sont assez similaires à celles des précédents films: Jakku, qui ressemble à Tatooine; la base Starkiller qui ressemble aux précédentes Etoiles Noires ainsi qu’à Hoth; puis Takodana qui ressemble à Endor. J’aurais vraiment aimé que J.J. Abrams et l’équipe de production du film fasse preuve d’un peu plus d’ingéniosité pour créer des environnements marquants et vraiment originaux. Passé ces quelques défauts, le film renferme une multitude de qualités.

146934.jpg

Tout d’abord, laissez moi parler des personnages. Nous avons un nouveau trio de héros qui s’offre à nous. Finn (John Boyega) est un Stormtrooper qui a été enlevé dès sa plus jeune enfance pour être intégré de force à l’armée du Premier Ordre (successeur spirituel de l’Empire). Cependant, son lavage de cerveau n’a pas complètement fonctionné, et il a des hésitations au moment de tuer pour la première fois des civils sans défense. Il décide donc de déserter. Par un heureux hasard (par un raccourci scénaristique, donc), lorsqu’il décide de quitter le Star Destroyer du Premier Ordre, Poe se trouve à bord. Le personnage incarné par Oscar Isaac est donc un pilote de la Résistance (successeur spirituel de l’Alliance Rebelle) qui est envoyé sur Jakku pour récupérer une carte qui indique l’emplacement du tant convoité Luke Skywalker. Mais Kylo Ren (grand méchant Sith du film) débarque sur la planète et capture Poe pour tenter de lui faire avouer où il a caché la carte. Poe et Finn se rencontrent donc sur le vaisseau du Premier Ordre et tentent tous les deux de s’évader. Rien que par cette première séquence, la complicité de ces deux personnages est flagrante, et l’on vibre au tempo de leurs péripéties. Viens ensuite Rey, jeune femme abandonnée par ses parents sur la planète Jakku quand elle était petite. Elle pourrait partir de Jakku, planète peu hospitalière, mais elle préfère y rester pour attendre ses parents. Ici, c’est Rey l’héroïne: elle prend dans Le Réveil de la Force la place que Luke occupait dans la trilogie originale. En effet, contrairement à tout ce que le marketing du film (notamment l’affiche principale et les bandes-annonces) laissait entendre, ce n’est pas Finn le nouveau Jedi, c’est Rey. Elle n’a jamais besoin d’aide: quand Finn la prend par la main, elle refuse et lui demande d’arrêter. Quand Finn est à terre, c’est elle qui l’aide à se relever, comme le témoigne la photo ci-dessous.

595338

Les enfants qui découvrent Star Wars avec cet opus entendront pour la première fois « May the Force be with you » dit par une femme (Leia) à une femme (Rey). Dans ce sens là, Le Réveil de la Force est progressiste. De même, Finn, qui est l’un des personnages principaux, est un homme noir, là où seulement Lando Calrissian et Mace Windu, des personnages secondaires, étaient joués par des acteurs noirs dans les autres films.

Parlons également de Kylo Ren, le méchant de ce nouveau film (et vraisemblablement de cette nouvelle trilogie). Il est interprété par Adam Driver, connu pour ses rôles dans la série Girls ou encore dans les films Inside Llewyn Davis et While We’re Young. Non, ce personnage n’est pas trop original et se rapproche de Dark Vador. Mais c’est là son intérêt: J.J. Abrams nous présente ici un « fan » de Vador, qui veut « finir ce que [Vador] a commencé ». Il prie devant le masque abîmé de Vador et imite son père spirituel (notamment avec son masque, qu’il ne porte que pour des raisons esthétiques). La filiation est d’autant plus forte qu’il est le petit-fils d’Anakin Skywalker, Leia étant sa mère. Là où le personnage devient encore plus intéressant, c’est qu’il commet des erreurs, qu’il doute et donc qu’il n’a pas pleinement atteint son potentiel. Dans une scène hautement dramatique, il « tue le père », Han, et tue donc symboliquement ce qui reste de Ben Solo (le véritable nom de Kylo Ren), ou du moins ce qui reliait Kylo à son identité de Ben. Cette relation, qui reproduit le schéma de notre relation à Star Wars et à ses personnages, se retrouve aussi chez Finn et chez Rey. Ils ont tous les deux entendu parler de Han (et de son Millenium Falcon) et de Luke. Pour eux, les Jedis sont un mythe lointain, et Han les rassure en leur disant que « Tout est vrai ». Beau moyen symbolique et « meta » de représenter le passage de flambeau qu’opère Le Réveil de la Force, de la génération qui a découverte Un Nouvel Espoir en salles à la nouvelle génération qui va pour la première fois voir un film Star Wars au cinéma (j’en fais partie).  Ces nouveaux personnages sont superbement introduits, au détour d’un plan ou d’un dialogue, et nous avons vraiment hâte de suivre la suite de leurs aventures. C’est là l’une des grandes réussites de cet Episode VII.

Pour revenir sur l’une des théories qui secouent la toile depuis la sortie de cet Episode VII, je pense pouvoir affirmer que Rey est la fille de Luke Skywalker (et donc que cet élément sera révélé dans l’Episode VIII). Plusieurs indices semblent l’indiquer. Tout d’abord, le choix de l’actrice: Daisy Ridley (géniale dans son rôle d’ailleurs, je dois le souligner) est assez proche physiquement de Natalie Portman qui jouait donc sa supposée grand-mère (Padme Amidala). Egalement, quand Han meurt et que Rey arrive au quartier général de la Résistance, Leia la reconnait directement et la serre dans ses bras, alors même qu’elles ne s’étaient jamais vues avant. De même R2-D2, dont Luke est le maître, se réveille après des années de veille, lorsque Rey arrive sur la planète. Ma théorie est donc que lorsque Ben Solo est devenu Kylo Ren et a massacré les Jedis qui s’entraînaient avec Luke, les parents de Rey (Luke et une femme inconnue, donc) lui ont « effacé » sa mémoire et l’ont placée sur Jakku, là où elle serait à priori en sécurité.

532139.jpg

Théories à part, j’ai donc vraiment aimé Le Réveil de la Force, qui arrive habilement à retrouver la flamme d’antan, ce véritable esprit que la trilogie originale de Star Wars incarnait, aussi bien visuellement que scénaristiquement. En effet, la production design est sobre et pertinente, là où celle de la prélogie était trop chargée et parfois incohérente. De même, la réalisation de J.J. Abrams est tout en mouvement (je pense notamment à ce plan où l’on voit Poe et Finn se serrer la main, et où la caméra bouge autour des personnages) et tout en efficacité, à l’image du film, qui ne s’arrête jamais et ne nous laisse pas nous ennuyer. Egalement, le récit est plus « resserré », avec un nombre restreint de personnages (j’en compte une dizaine environ qui ont un rôle important) et présente la Force comme une notion mythologique et spirituelle, presque religieuse, ce qui manquait (je trouve) à la prélogie. L’humour est omniprésent dans le film, et n’est jamais redondant ou ridicule (contrairement à Jar Jar Binks). L’une des qualités à louer de ce nouveau film est le fait que chacun des éléments des précédents films est présenté de manière ingénieuse (même si parfois un peu gratuite): Han et Chewie, le Millenium Falcon, R2 et C-3PO, Leia ou encore Luke. Ce dernier est présenté lors de la dernière scène, qui à mon avis, constitue la cerise sur le gâteau réussie d’un excellent film, et renferme une dimension hautement iconique. Le Réveil de la Force traite de la mythologie inhérente à Star Wars avec un véritable respect et une candeur qui fait du bien.

Pour que cette excellente surprise (oui, surprise, car le fait que ce film soit réussi relève du miracle, tant les enjeux étaient grands) ne soit pas un coup en l’air, il faut que l’Episode VIII, qui sortira sur nos écrans en mai 2017, propose un récit qui s’émancipe complètement de la structure narrative de la trilogie originale. Il faut qu’il nous fasse rêver, qu’il invente de nouveaux mondes, de nouveaux enjeux et qu’il soit à cette nouvelle trilogie ce que L’Empire Contre-Attaque avait autrefois été à Un Nouvel Espoir. Pour cela, nous devons reposer toutes nos attentes sur Rian Johnson, réalisateur de Looper, et sur les scénaristes et producteurs du film (dont Abrams fera partie).

Post-scriptum de la plus haute importance: Je suis totalement fan de BB-8, nouveau droïde tout mignon qui, je suis sûr, aura conquis la majorité du public de Le Réveil de la Force