Star Wars: Episode VII – Le Réveil de ma Passion pour la Saga

[Attention, cet article contiendra de nombreux spoilers importants sur l’intrigue du film. Si vous ne l’avez pas encore vu, il est déconseillé de le lire.]

Ça y est. On y est. Le film le plus attendu de l’année… Que dis-je ? De la décennie (voire de tous les temps) est sorti sur nos écrans français, en ce beau jour du 16 décembre 2015. Dire que j’avais hâte de voir Le Réveil de la Force est un petit euphémisme, dans le sens où Star Wars est ma saga préférée depuis que je suis tout petit. Dans le sens où les bandes-annonces m’avaient mis les larmes aux yeux. Dans le sens où tout les fans de la trilogie originale ont essayé d’imaginer, au moins une fois dans leur vie, la suite des aventures de Luke, Leia et Han et de leurs enfants. Tout était donc réuni pour que Le Réveil de la Force devienne le plus grand succès du Cinéma en terme d’entrées (ce qu’il est bien parti pour réaliser). Vous l’aurez compris, les attentes vis à vis du film étaient énormes, et la pression était double: les fans déçus par la prélogie devaient êtres rassurés par le film, et les nouveaux arrivants devaient être séduits par ce film même s’ils ne connaissaient pas l’univers l’entourant.

Mais assez parlé des attentes par rapport au film et de leur justification, parlons plutôt du résultat. Pour moi, cet Episode VII est une réussite presque totale. En fait, il me fait tellement du bien, en tant que fan de Star Wars, que je pourrais presque en oublier les défauts. Mais restons clairvoyant et objectif.

Des défauts, Le Réveil de la Force en a. Tout d’abord, il a été souvent souligné parmi tous les avis que j’ai lu, que le film s’inspire un peu trop de l’intrigue et d’éléments d’Un Nouvel Espoir et de L’Empire Contre-Attaque. Et c’est vrai. L’un des éléments les plus flagrants est le suivant: on a, dans ce nouvel opus, le personnage de Poe Dameron (Oscar Isaac) qui confie une carte très importante, sorte de MacGuffin, à un droïde. Cela renvoie au début de l’Episode IV, avec la Princesse Leia qui confie un message important à R2-D2. Egalement, nous avons dans Le Réveil de la Force une nouvelle Etoile Noire (oui, encore) avec encore, en guise de conclusion de film, la destruction de cette nouvelle Etoile Noire (comme dans l’Episode IV et dans l’Episode VI). Manque d’inventivité et limitation des prises de risques, ou volonté de repartir sur des bases saines et familières pour cette nouvelle trilogie ? Pour ma part, je pense que c’est un peu des deux. Oui, clairement, le manque d’inventivité est l’un des problèmes du film. Par exemple, nous avons 3 nouvelles planètes, mais qui sont assez similaires à celles des précédents films: Jakku, qui ressemble à Tatooine; la base Starkiller qui ressemble aux précédentes Etoiles Noires ainsi qu’à Hoth; puis Takodana qui ressemble à Endor. J’aurais vraiment aimé que J.J. Abrams et l’équipe de production du film fasse preuve d’un peu plus d’ingéniosité pour créer des environnements marquants et vraiment originaux. Passé ces quelques défauts, le film renferme une multitude de qualités.

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Tout d’abord, laissez moi parler des personnages. Nous avons un nouveau trio de héros qui s’offre à nous. Finn (John Boyega) est un Stormtrooper qui a été enlevé dès sa plus jeune enfance pour être intégré de force à l’armée du Premier Ordre (successeur spirituel de l’Empire). Cependant, son lavage de cerveau n’a pas complètement fonctionné, et il a des hésitations au moment de tuer pour la première fois des civils sans défense. Il décide donc de déserter. Par un heureux hasard (par un raccourci scénaristique, donc), lorsqu’il décide de quitter le Star Destroyer du Premier Ordre, Poe se trouve à bord. Le personnage incarné par Oscar Isaac est donc un pilote de la Résistance (successeur spirituel de l’Alliance Rebelle) qui est envoyé sur Jakku pour récupérer une carte qui indique l’emplacement du tant convoité Luke Skywalker. Mais Kylo Ren (grand méchant Sith du film) débarque sur la planète et capture Poe pour tenter de lui faire avouer où il a caché la carte. Poe et Finn se rencontrent donc sur le vaisseau du Premier Ordre et tentent tous les deux de s’évader. Rien que par cette première séquence, la complicité de ces deux personnages est flagrante, et l’on vibre au tempo de leurs péripéties. Viens ensuite Rey, jeune femme abandonnée par ses parents sur la planète Jakku quand elle était petite. Elle pourrait partir de Jakku, planète peu hospitalière, mais elle préfère y rester pour attendre ses parents. Ici, c’est Rey l’héroïne: elle prend dans Le Réveil de la Force la place que Luke occupait dans la trilogie originale. En effet, contrairement à tout ce que le marketing du film (notamment l’affiche principale et les bandes-annonces) laissait entendre, ce n’est pas Finn le nouveau Jedi, c’est Rey. Elle n’a jamais besoin d’aide: quand Finn la prend par la main, elle refuse et lui demande d’arrêter. Quand Finn est à terre, c’est elle qui l’aide à se relever, comme le témoigne la photo ci-dessous.

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Les enfants qui découvrent Star Wars avec cet opus entendront pour la première fois « May the Force be with you » dit par une femme (Leia) à une femme (Rey). Dans ce sens là, Le Réveil de la Force est progressiste. De même, Finn, qui est l’un des personnages principaux, est un homme noir, là où seulement Lando Calrissian et Mace Windu, des personnages secondaires, étaient joués par des acteurs noirs dans les autres films.

Parlons également de Kylo Ren, le méchant de ce nouveau film (et vraisemblablement de cette nouvelle trilogie). Il est interprété par Adam Driver, connu pour ses rôles dans la série Girls ou encore dans les films Inside Llewyn Davis et While We’re Young. Non, ce personnage n’est pas trop original et se rapproche de Dark Vador. Mais c’est là son intérêt: J.J. Abrams nous présente ici un « fan » de Vador, qui veut « finir ce que [Vador] a commencé ». Il prie devant le masque abîmé de Vador et imite son père spirituel (notamment avec son masque, qu’il ne porte que pour des raisons esthétiques). La filiation est d’autant plus forte qu’il est le petit-fils d’Anakin Skywalker, Leia étant sa mère. Là où le personnage devient encore plus intéressant, c’est qu’il commet des erreurs, qu’il doute et donc qu’il n’a pas pleinement atteint son potentiel. Dans une scène hautement dramatique, il « tue le père », Han, et tue donc symboliquement ce qui reste de Ben Solo (le véritable nom de Kylo Ren), ou du moins ce qui reliait Kylo à son identité de Ben. Cette relation, qui reproduit le schéma de notre relation à Star Wars et à ses personnages, se retrouve aussi chez Finn et chez Rey. Ils ont tous les deux entendu parler de Han (et de son Millenium Falcon) et de Luke. Pour eux, les Jedis sont un mythe lointain, et Han les rassure en leur disant que « Tout est vrai ». Beau moyen symbolique et « meta » de représenter le passage de flambeau qu’opère Le Réveil de la Force, de la génération qui a découverte Un Nouvel Espoir en salles à la nouvelle génération qui va pour la première fois voir un film Star Wars au cinéma (j’en fais partie).  Ces nouveaux personnages sont superbement introduits, au détour d’un plan ou d’un dialogue, et nous avons vraiment hâte de suivre la suite de leurs aventures. C’est là l’une des grandes réussites de cet Episode VII.

Pour revenir sur l’une des théories qui secouent la toile depuis la sortie de cet Episode VII, je pense pouvoir affirmer que Rey est la fille de Luke Skywalker (et donc que cet élément sera révélé dans l’Episode VIII). Plusieurs indices semblent l’indiquer. Tout d’abord, le choix de l’actrice: Daisy Ridley (géniale dans son rôle d’ailleurs, je dois le souligner) est assez proche physiquement de Natalie Portman qui jouait donc sa supposée grand-mère (Padme Amidala). Egalement, quand Han meurt et que Rey arrive au quartier général de la Résistance, Leia la reconnait directement et la serre dans ses bras, alors même qu’elles ne s’étaient jamais vues avant. De même R2-D2, dont Luke est le maître, se réveille après des années de veille, lorsque Rey arrive sur la planète. Ma théorie est donc que lorsque Ben Solo est devenu Kylo Ren et a massacré les Jedis qui s’entraînaient avec Luke, les parents de Rey (Luke et une femme inconnue, donc) lui ont « effacé » sa mémoire et l’ont placée sur Jakku, là où elle serait à priori en sécurité.

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Théories à part, j’ai donc vraiment aimé Le Réveil de la Force, qui arrive habilement à retrouver la flamme d’antan, ce véritable esprit que la trilogie originale de Star Wars incarnait, aussi bien visuellement que scénaristiquement. En effet, la production design est sobre et pertinente, là où celle de la prélogie était trop chargée et parfois incohérente. De même, la réalisation de J.J. Abrams est tout en mouvement (je pense notamment à ce plan où l’on voit Poe et Finn se serrer la main, et où la caméra bouge autour des personnages) et tout en efficacité, à l’image du film, qui ne s’arrête jamais et ne nous laisse pas nous ennuyer. Egalement, le récit est plus « resserré », avec un nombre restreint de personnages (j’en compte une dizaine environ qui ont un rôle important) et présente la Force comme une notion mythologique et spirituelle, presque religieuse, ce qui manquait (je trouve) à la prélogie. L’humour est omniprésent dans le film, et n’est jamais redondant ou ridicule (contrairement à Jar Jar Binks). L’une des qualités à louer de ce nouveau film est le fait que chacun des éléments des précédents films est présenté de manière ingénieuse (même si parfois un peu gratuite): Han et Chewie, le Millenium Falcon, R2 et C-3PO, Leia ou encore Luke. Ce dernier est présenté lors de la dernière scène, qui à mon avis, constitue la cerise sur le gâteau réussie d’un excellent film, et renferme une dimension hautement iconique. Le Réveil de la Force traite de la mythologie inhérente à Star Wars avec un véritable respect et une candeur qui fait du bien.

Pour que cette excellente surprise (oui, surprise, car le fait que ce film soit réussi relève du miracle, tant les enjeux étaient grands) ne soit pas un coup en l’air, il faut que l’Episode VIII, qui sortira sur nos écrans en mai 2017, propose un récit qui s’émancipe complètement de la structure narrative de la trilogie originale. Il faut qu’il nous fasse rêver, qu’il invente de nouveaux mondes, de nouveaux enjeux et qu’il soit à cette nouvelle trilogie ce que L’Empire Contre-Attaque avait autrefois été à Un Nouvel Espoir. Pour cela, nous devons reposer toutes nos attentes sur Rian Johnson, réalisateur de Looper, et sur les scénaristes et producteurs du film (dont Abrams fera partie).

Post-scriptum de la plus haute importance: Je suis totalement fan de BB-8, nouveau droïde tout mignon qui, je suis sûr, aura conquis la majorité du public de Le Réveil de la Force

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Interstellar, l’Odyssée de l’Humanité

Synopsis: Un groupe d'explorateurs exploite une faille dans l'espace-temps afin de parcourir des distances incroyables dans le but de sauver l'humanité.

Christopher Nolan a toujours divisé. Certains crient au génie, d’autres à de l’opportunisme immonde. Personnellement, j’ai plutôt tendance à être d’accord avec les premiers. J’ai dû voir The Dark Knight une dizaine de fois, Inception et The Dark Knight Rises au moins 4 fois, et j’ai adoré MementoBatman Begins et The Prestige. Bref, j’adore Nolan. Il perpétue la tradition du Cinéma avec un grand « C », un cinéma qui se veut intelligent et divertissant à la fois, émouvant et avec des ancrages rééls à la fois.

C’est avec une attente énorme que je suis allé voir Interstellar. Je suivais le projet depuis environ 1 an, et j’ai regardé les trailers disponibles dès leur sortie (ce que je déconseille de faire, mieux vaut arriver devant le film sans presque rien en connaître). Comme pour les précédents films de Nolan, les détracteurs ont sévi et ont déclaré le film comme une bouilli sans intérêt copiant 2001 : A Space OdysseyThe Black Hole ou encore Contact. Il a même été dit que le film faisaient des références à Gravity, alors que le tournage a été terminé avant même la sortie du très bon film d’Alfonso Cuarón.

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La vérité, c’est qu’Interstellar est un vrai film original et ambitieux, au temps des franchises et autres machines à sous comme la 3D. Ici, nous avons affaire à un film qui ne provient d’aucune franchise et tourné en pellicule 70 mm, un procédé presque abandonné de nos jours. Egalement, les thèmes abordés et les questions soulevées le sont avec succès. L’amour et l’espoir sont les deux sujets qui viennent à l’esprit. Comment ne pas perdre espoir lorsque toutes les chances sont tournées contre nous ? Est-ce que l’amour est simplement humain, ou est-ce une valeur universelle ? Ces deux interrogations sont traitées à l’écran par la relation père-fille entre Cooper et Murph, qui est clairement au centre de l’intrigue. Eh oui, Christopher Nolan est un romantique qui le revendique, on le voit clairement dans Interstellar. Cela nous offre de très belles scènes qui ne sont pas garanties de vous laisser sans pleurer, embellies par la musique de Hans Zimmer qui livre ici sa composition la plus belle et la plus pertinente depuis bien longtemps. Pour revenir à cette relation père-fils, on s’attache à Murph, jouée par l’impressionante Mackenzie Foy puis par la géniale Jessica Chastain plus tard dans le film, et on comprend les décisions de Coop, joué par le brillant Matthew McConaughey, son désir de revoir sa fille. Ici, la science-fiction est au service du récit humain. En effet, un scénario comme celui d’Interstellar permet aux scénaristes, donc, aux acteurs et aux réalisateurs de nous faire vivre à travers les personnages des situations inimaginables autrement. Je pense particulièrement à deux scènes que je ne décrirai pas ici pour ne pas spoiler, mais disons que l’une implique Coop, Amelia et Rom, et l’autre Coop et ses enfants, pour ceux qui ont vu le film.

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En plus d’être un très beau film du côté émotionnel, le côté audiovisuel l’est encore plus. La réalisation de Nolan est ici à son apogée, nous offrant des plans magnifiques à la pelle, tout comme Kubrick le faisait avec 2001 : A Space Odyssey. Comme l’a répété à plusieurs reprises le réalisateur : allez voir Interstellar sur le plus grand écran possible, ça vaut vraiment le coup. Le travail du directeur de la photographie est l’un des plus beaux que j’aie jamais eu l’occasion de voir, c’est une véritable claque esthétique. Je l’ai déjà dit plus haut, mais Hans Zimmer est ici à son meilleur, faisant la meilleure utilisation possible des orgues, dans ce morceau par exemple : 

Christopher Nolan livre donc son film le plus intimiste, et paradoxalement (ou pas) le plus ambitieux. Les 2h49 d’Interstellar passent très vite, et l’on en ressort sonné, avec des étoiles plein les yeux et des questions plein la tête. Je suis allé le voir 2 fois en l’espace de quelques jours, et je pense aller le revoir dans le courant de la semaine prochaine. Nous avons là un chef-d’oeuvre, un objet pur de science-fiction, une aventure magnifique, une Odyssée humaine. Allez voir Interstellar, pour l’amour du Cinéma, vous me remercierez.

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5 Bonnes Raisons de Regarder The Honourable Woman

Synopsis: Nessa Stein, la fille d’un marchand d’armes anglais sioniste, hérite de la compagnie de son père. Elle décide alors de changer son activité, se retrouvant mêlée à une conspiration mondiale.
The Honourable Woman est de loin ma série préférée de l’été. Mais pourquoi devriez-vous la regarder ? Je pense qu’il y a une infinité de raisons pour se laisser tenter par ce thriller avec Maggie Gyllenhaal, mais je vais séléctionner les 5 meilleures, rien que pour vous.

1. Maggie Gyllenhaal

L’actrice américaine aperçue dans The Dark Knight est d’une justesse et d’une élégance incroyable, à chaque scène. On peut également reconnaître que son accent anglais est très bon, malgré le fait qu’elle soit américaine. Qui plus est, le thriller est habituellement réservé aux personnages masculins; alors que The Honourable Woman est tout le contraire: le rôle principale est tenue par une femme, et la plupart des autres personnages importants sont des femmes.

2. La série évite le manichéisme

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Ceux qui sont persuadés qu’Israël est exempt de tous reproches et que le Hamas équivaut au Diable: cette série n’est pas pour vous.

Ceux qui sont persuadés que le Hamas est exempt de tous reproches et qu’Israël équivaut au Diable: cette série n’est pas pour vous, non plus.

La série refuse de considérer tel ou tel camp comme mauvais. Tout le monde a quelque chose à se reprocher, même les Américains (oui oui). L’obstacle à une paix entre Israël et Gaza est dans tous les camps, jamais tel ou tel acteur géopolitique est considéré comme le bouc émissaire. The Honourable Woman est une série très intelligente, qui réussit à utiliser un conflit pour montrer les émotions et les tourments de ses personnages.

3. Le style

The Honourable Woman

Dans cette série, les vêtements ont presque le premier rôle. Non non, cette affirmation n’est pas du tout réductrice, tant l’habillement des acteurs, et surtout celui de Maggie Gyllenhaal semble avoir été choisi avec minutie pour chaque scène. Les vêtements sont également un très bon moyen dans la série de mémoriser quel personnage secondaire est qui, tant ils sont marquants. Le lecture de cet article du Guardian vous l’expliquera mieux que moi.

4. La durée

Emerging from the sidelines … Atika Halabi (Lubna Azabel).

The Honourable Woman étant une mini-série, elle n’est composée que de 8 épisodes. 8 épisodes d’une heure, et puis s’en va. Ici, pas besoin de réserver des heures et des heures pour cette série, ni de s’engager pour une durée de 5 ou 6 ans. Ce format permet également aux scénaristes de ne pas se perdre dans des intrigues à rallonge, souvent peu efficaces.

5. Vous allez pouvoir vous la péter

Tobias Menzies as Nathanial Bloom in The Honourable Woman

Comme vous l’aurez remarqué, on a pas beaucoup entendu parler de The Honourable Woman en France. La regarder vous procurera donc un petit plus en soirée, un petit plus élitiste. Quand les uns et les autres désigneront True Detective ou Fargo comme leur mini-série préférée de 2014, vous allez déjà pouvoir leur répondre que ces deux séries sont des anthologies, et que la meilleure mini-série de l’année, c’est bien The Honourable Woman.

Bref, bon visionnage à vous !

Guardians of the Galaxy: hooked on a (very) good feeling

Synopsis: Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être…

Contrairement à ce que plusieurs détracteurs ont avancé, Marvel Studios a pris un risque (relativement grand, certes) en proposant ce Guardians of the Galaxy. En effet, livrer un film composé d’une dizaine de personnages encore jamais vus dans les précédents films est audacieux, encore plus quand l’on sait que parmi ces personnages, se trouvent un arbre géant ainsi qu’un raton-laveur doué de parole. GotG est, qui plus est, également la première incursion du Marvel Cinematic Universe dans l’univers cosmique des comics Marvel.

Ayant lu plusieurs comics GotG, leur adaptation sur grand écran me donnait tout particulièrement envie, et, lors du visionnage, m’a fait vraiment plaisir. Peter Quill (aka Star-Lord) est le leader qu’il est sur papier, Rocket Racoon et Groot ont gardé leur grande complicité, Gamora est vraiment badass, et Drax (interprété par Dave Bautista, ancien catcheur) est la belle surprise du film. Le visuel du méchant du film, Ronan the Accuser (Lee Pace) est réussi, malgré une caractérisation assez pauvre du personnage. Le « vrai » méchant du film est cependant Thanos, très impressionant dans sa (courte) scène. Mention spéciale aux apparitions très courtes du Collector (Benicio del Toro) et de Nova Prime (Glenn Close).

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GotG est un film très généreux: on ne s’ennuie pas une seule seconde. L’alternance entre les scènes d’action et les scènes plus « calmes » est très bien gérée. Les personnages sont très nombreux, nous ne sommes pas en reste, entre l’équipe des Guardians, Yondu, Nova Prime, the Collector, Ronan, Thanos et d’autres. L’alchimie entre les Guardians est celle qui impressionne le plus. En effet, c’est la première fois que ses personnages apparaissent au cinéma. Mais on y croit, les personnages paraissent vrais, on rit (beaucoup) et on s’attache à cette bande de bras cassés.

Sans être le film le mieux réalisé de tous les temps, GotG nous offre quelques très beaux plans ainsi que quelques très belles scènes/séquences (notamment la bataille finale). Ce qui ressort le plus, c’est la multitude de couleurs présentes: nous en prenons plein les yeux. Mention spéciale aux effets spéciaux, également très bien réalisés, notamment pour la modélisation du duo Rocket Racoon/Groot.

En parlant de ce film, comment ne pas parler de la bande originale ? Elle est composée de plusieurs morceaux à succès des années 70, minutieusement sélectionnés par James Gunn (le réalisateur). On retrouve, entre autres, « Hooked On A Feeling » de Blue Swede, « Moonage Daydream » de David Bowie, « I Want You Back » des Jackson 5 ou encore « Cherry Bomb » de The Runaways. Bref; une (très) belle brochette de tubes assez bien intégrés au film, et qui contribuent à sa « coolitude ».

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Vous l’aurez compris: j’ai adoré Guardians of the Galaxy, de bout en bout. Je me suis amusé à chaque scène, j’ai adoré la prestation des acteurs, je me suis régalé visuellement. La suite est prévue pour 2017; je n’ai qu’une chose à dire: vite, tant l’univers cosmique renferme de belles choses.

The Cabin in the Woods: Joss et Drew font un film

[Petite critique du film à chaud] Des petits spoilers sont susceptibles d’apparaître dans cette critique, donc si vous comptez regarder ce film et préférez garder la suprise total, la lecture est déconseillée.

The Cabin in the Woods est un film réalisé par Drew Goddard (Buffy The Vampire Slayer) sorti en 2011. Le scénario a été écrit par Drew Goddard (le réalisateur, donc) et Joss Whedon (Buffy The Vampire Slayer, Firefly, The Avengers). Ce sont donc deux personnes ayant opéré sur Buffy qui se retrouvent pour le premier film. On retrouve au casting Chris Hemsworth (et oui, l’acteur qui joue Thor peut être correct dans un autre rôle), Bradley Whitford (génial) et Kristen Connolly (que vous avez pu voir dans House of Cards).

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The Cabin in the Woods commence comme n’importe quel film d’horreur/slasher classique: une bande de jeunes très caricaturaux se retrouvent pour passer un week-end dans une cabane isolée dans les bois. Jusque-là, tout va bien. Sauf qu’on fait petit à petit la découverte de caméras, mises en place par une sorte d’agence secrète, pour espionner les résidents de la cabane. On croit à une émission de télé-réalité au départ, puis on se rend compte assez vite que ça va bien plus loin que l’on nous l’a laissé entendre. Et c’est là que le film devient jouissif (serais-je un psychopate ?): des monstres en tous genres, plus dégueulasses les uns que les autres, apparaissent pour tenter de massacrer notre bande de personnages. Et c’est là également que l’on voit que ce film va plus loin qu’il le laisse paraître: c’est un véritable hommage aux films d’horreur, sous forme de parodie, un véritable film méta. Beaucoup de genres sont abordés, et beaucoup de films sont référencés: une vraie mine d’or pour les fans d’horreur. La fin voit apparaître devant nous une actrice culte (dont je ne révélerai pas le nom), sorte de récompense en forme de clin d’oeil, pour une conclusion déjantée et encore une fois, jouissive.

The Cabin in the Woods est le premier film de Drew Goddard, et on pourrait croire à un coup d’essai maladroit, mais je ne suis pas de cet avis. Pour moi, le film est très réussi, et est également une très belle surprise: je le recommande chaudement. 

The Wire: you can’t even call this shit a war, wars end

Depuis le temps qu’on me vend The Wire comme la meilleure série de tous les temps et depuis le temps que j’ai envie de la regarder, j’ai enfin visionné la saison 1. Et j’ai beaucoup aimé. Pour vous présenter à peu près la série, je peux vous dire que The Wire suit les actions de la police à Baltimore, dans sa lutte contre le trafic de drogues. Et c’est vraiment tout ce que je peux vous dire, tant The Wire est complexe et nécessite vraiment d’être vue. Elle a été diffusée de 2002 à 2008 sur HBO.

Dans cette première saison, on suit le détective Jimmy McNulty (Dominic West), ainsi que toute son équipe, alors qu’il essaie de coincer le plus gros dealer de la ville: Stringer Bell (Idris Elba). Ce qui impressionne dans The Wire, c’est l’absence totale de manichéisme dont fait preuve les scénaristes: personne n’est blanc ou noir. On peut se prendre d’affection pour un trafiquant (Wallace par exemple), au même titre que l’on peut détester un policier. Mention spéciale aux personnages de D’Angelo (Lawrence Gilliard, Jr.), et à celui d’Omar (interprété par le géant Michael K. Williams), qui m’ont beaucoup plu.

Même si The Wire a tendance à tomber dans le documentaire, par moments, l’intrigue nous tient en haleine. C’est simple: on est scotché à l’écran pendant les 55 minutes et quelques que composent chaque épisode. La série contient une multitude de personnages, un peu comme (attention, cette comparaison peut fâcher certaines personnes) Game of Thrones, que ce soit du côté des trafiquants, ou du côté de la police. Le réalisme est évidemment un des aspects les plus importants de la série, David Simon (le créateur de la série, ainsi que de The Corner et Treme) ayant travaillé pour le journal « The Baltimore Sun« , pendant 12 ans, où il a écrit sur les crimes survenus dans la ville. The Wire n’essaie à aucun moment de faire dans le spectaculaire, et reste toujours fidèle à la réalité de la ville de Baltimore. Cette scène de reconstition d’un crime (sans spoiler) montre bien cet aspect:

 

Vous l’aurez compris, j’ai totalement adoré cette saison 1. Je vous laisse du coup, je vais m’empresser de continuer la série (je compte sur vous pour la commencer).

 

The Good Wife: you’ve been served

Plus on aime quelque chose, plus en parler est difficile. On a peur de ne pas rendre hommage à ce que l’on adore, de ne pas trouver les mots, ou même d’être trop admiratif. Pour moi, The Good Wife fait partie des séries dont j’ai du mal à parler. Elle est l’une des meilleures séries du moment, si ce n’est la meilleure. Ce dont je suis sûr, c’est que The Good Wife est le meilleur drama actuel, issu de networks.

The Good Wife est une série judiciaire, diffusée depuis 2009 sur CBS. Elle fait partie de la catégorie des procedurals, mais ne se contente pas seulement de montrer une affaire (judiciaire, donc) par semaine, mais va bien plus loin, en explorant, par exemple, les arcs narratifs principaux, comme la vie de cabinet à Lockhart/Gardner, ou encore la vie privée des protagonistes. Alicia Florrick est le personnage principal de cette série. Le jour où son mari, Peter, qui est procureur du Cook County (Illinois), est condamné à 10 mois de prison pour avoir engagé des prostituées avec l’argent de l’Etat, elle se voit obligée de recommencer à travailler (alors qu’elle avait arrêté de travailler pendant 13 ans pour s’occuper de sa famille). Will Gardner, un de ses amis universitaires, lui offre un poste au cabinet Lockhart/Gardner.

Ce qui impressionne durant les premiers épisodes de The Good Wife, c’est à quel point tous les personnages sont travaillés, et sont à peu près intéressants. Ceux qui ont le plus de temps à l’écran sont, bien entendu, les collègues d’Alicia (Diane, Will, Cary, David, Kalinda, etc), mais également sa famille. On a notamment les enfants d’Alicia, Zach et Grace, qui apportent un vrai plus à la série, ainsi que sa mère, Veronica, et son frère, Owen. Autour de Peter, également, on a sa mère, Jackie, qui est très importante à ses yeux, mais aussi son conseiller: Eli Gold. (interprété par Alan Cumming). Comme je l’avais écrit dans mon Top 5 des personnages de séries TV, c’est l’un de mes personnages de séries préférés. Il est pleinement investi dans son métier, ce qui donne lieu à plusieurs accès de colère par épisode. Grâce à cette multitude de personnages, on ne s’ennuie jamais dans The Good Wife. Il y a tout le temps une intrigue à se mettre sous la dent, soit une affaire judiciaire, soit un problème familial, ou encore une intrigue politique: c’est passionant.

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Qui dit affaire hebdomadaire, dit guest-stars à foison. Mes préférés sont notamment Michael J. Fox (photo ci-dessus), excellent en avocat détestable, et Carrie Preston, en avocate un peu folle cette fois-ci. Egalement, chaque épisode est différent, on ne s’ennuie jamais. Une fois ce sera une affaire criminelle, une autre fois une affaire de divorce, ou encore une class-action. Le temps consacré à l’affaire de la semaine est très équilibré avec le temps consacré à l’intrigue principal, tout est en finesse. The Good Wife n’est jamais racolleuse, tout est fluide et bien introduit.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, The Good Wife n’a jamais gagné d’Emmy Awards. Pourtant, ce n’est pas faute de le vouloir: CBS fait campagne chaque année auprès des voteurs pour les convaincre, une méthode encore sans succès. Un des arguments les plus souvent avancés: le nombre d’épisodes produits. Chaque saison de The Good Wife compte plus de 20 épisodes, tous de très grande qualité, alors que les séries récompensées en comptent la plupart du temps moins de 12.

Eli Gold, énervé par les résultats de The Good Wife aux Emmy Awards

The Good Wife est l’une des (trop) rares séries qui s’améliorent au cours des saisons. C’est pourqoi je voulais revenir sur le 5ème épisode de la saison 5: « Hitting The Fan », qui est pour moi le meilleur épisode de la série et l’un des plus importants de cette saison. Cet épisode m’a tenu en haleine pendant les 40 et quelques minutes qui le composent. Le jeu d’acteur était au plus haut, notamment dans les interactions Alicia-Will (Julianna Margulies-Josh Charles). Ceux qui regardent la série comprendront pourquoi cet épisode est mon préféré.

Contrairement aux préjuges, oui, CBS peut produire une séries de haut volet. The Good Wife est pour moi le meilleur drama actuellement diffusé sur un network américain (CBS, FOX, NBC, CW, ABC). Comme je le disais plus haut, la saison 5 est pour moi la meilleure, et la série ne cesse de s’améliorer. Vivement la saison 6, qui arrivera le 21 septembre prochain.

L’été 2014 en séries TV

L’été est la période de l’année durant laquelle les 5 grands networks américains (FOX, ABC, NBC, CW, CBS) diffusent beaucoup moins de séries, principalement parce que les saisons se sont terminées quelques semaines (voire mois) avant et qu’ils attendent l’automne pour commencer les nouvelles séries. C’est pourquoi les chaînes du câble, principalement, en profitent pour diffuser leurs séries prometteuses. Et cet été ne déroge pas à la règle. Pour vous permettre de vous retrouver dans cette période de l’année assez riche en séries, j’ai créé une liste SensCritique, et je vais donc écrire un article présentant les must-watchs de cet été, classés par ordre chronologique. Parce que vous le valez bien.

  • Rectify, saison 2, le 19 juillet sur Sundance Channel:

Série coup de poing arrivée l’été dernier; on y suit la réinsertion de Daniel Holden dans la société après 20 ans passés dans le couloir de la mort. Le rythme est très lent, mais permet d’observer le monde à travers les yeux de Daniel et de connaître ses doutes et ses peurs. La saison 1 ne compte que 6 épisodes, la saison 2 en comptera 10. Indispensable.

 

  • The Last Ship, saison 1, le 22 juin sur TNT:

THE LAST SHIP

La dernière production en date de Michael Bay pour la télévision, The Last Ship mettra en scène un équipage d’un destroyer américain qui revient d’une mission en Arctique, pour découvrir que la plupart de la population terrestre a été décimée par une épidémie. Un des scientifiques à bord du navire a donc pour but de trouver un vaccin contre le virus. Etant une production de Michael Bay, on peut s’attendre à des explosions ainsi qu’à du grand spectacle. 10 épisodes composeront cette première saison. Pourquoi pas.

 

  • Tyrant, saison 1, le 24 juin sur FX206281

Nouveau drame politique de la chaîne FX, Tyrant nous propose d’assister au retour à son pays natal du fils du dictateur de l’Etat imaginaire d’Abbudin. En effet, Bassam « Barry » Al Fayeed s’est exilé depuis de nombreuses années, mais est contraint de revenir pour assister au mariage de son neveu. Une fois sur place, il se retrouve impliqué dans les affaires d’Etat. FX a beaucoup misé sur cette série et croit fortement en son potentiel. Quant à moi, je suis assez excité à l’idée de découvrir le premier épisode, notamment par le fait que le créateur de la série soit Gideon Raff (Homeland). J’ai hâte.

 

 

  • The Leftovers, saison 1, le 29 juillet sur HBO
    2% de la population terrestre disparaît sans explication. Quelles seront les conséquences sur la petite ville de Mapleton aux USA ? C’est à cette question que la série va tenter de répondre. On suivra le quotidien du shérif Kevin Garvey, confronté à des violences liées aux commémorations du drame. Damon Lindelof (Lost) et Tom Perrotta sont aux commandes. Bref, The Leftovers m’intrigue. Vivement le début.

 

  • Extant, saison 1, le 9 juillet sur CBS

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Extant a réussi l’exploit d’être une série CBS qui m’intrigue. Hormis The Good Wife, que j’adore, CBS est une chaîne qui me laisse complètement indifférent. Mais là, Halle Berry est de la partie, dans une série qui parle de l’espace, donc je ne peux qu’être intéressé. Avec Spielberg comme producteur exécutif également, on se doit d’être enthousiastes pour cette série. A dans 3 semaines !

 

  • The Strain, saison 1, le 13 juillet sur FX466239

The Strain est une série horrifique, à base non pas de zombies, mais de vampires cette fois-ci. Adaptée des romans éponymes écrits par Guillermo del Toro, cette série est créée par… Guillermo del Toro. La première saison comptera 13 épisodes et sera diffusée à partir de mi-juillet. Je suis intrigué par les débuts de del Toro à la télévision, je regarderai donc.

 

  • Masters of Sex, saison 2, le 13 juillet sur Showtime058861J’avais déjà parlé de cette très bonne série dans mon article sur la rentrée des séries 2013. Je n’ai pas grand chose à rajouter à part que je trépigne d’impatience à l’idée de retrouver cette série. Vivement le 13 juillet.

 

  • The Knick, saison 1, le 8 août sur Cinemax

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Steven Soderbergh l’avait dit: il compte arrêter le cinéma. The Knick est donc sa première création, et sera diffusée sur Cinemax (Banshee). On y suivra le personnel d’un hôpital de New York, contraint de repousser les limites de la médecine, à un époque où le taux de mortalité augmente. Le trailer m’a donné envie de regarder la série. A voir.

 

 

Voilà, ces 8 séries TV sont les indispensables de cet été, selon moi. Bien sûr, d’autres séries seront diffusées (notamment la saison 2 d’Utopia en juillet et la saison 8 de Doctor Who en août, pour lesquelles nous n’avons pas encore de dates précises). Et vous, quelles séries prévoyez-vous de regarder cet été ?

Fargo: le Breaking Bad du Minnesota ?

[Aucun spoiler n’apparaîtra dans cet article.]

Synopsis: Lorne Malvo, tueur à gages et manipulateur hors-pair, verse le sang sur son passage. Notamment dans une petite ville du Minnesota, en émoi suite à quelques cadavres laissés ici et là. Très futée, l’adjointe Molly Solverson mène son enquête. Parviendra-t-elle à faire éclater la vérité ?

Fargo est une des nouveautés de cette année 2014 qui m’avaient le plus excité. Martin Freeman dans une série adapté d’un film des frères Coen ? J »étais déjà conquis.

Tout d’abord, commençons par présenter la série. Fargo est une mini-série (voire anthologie, nous ne sommes pas certains à ce jour) produite par la chaîne américaine FX et diffusée d’avril à juin 2014, dont le créateur et unique scénariste est Noah Hawley. Les acteurs principaux sont Martin Freeman (Lester Nygaard), Allison Tolman (Molly Solverson), Bob Odenkirk (Bill Oswalt) et Billy Bob Thonrton (Lorne Malvo), même si bien plus de personnages que ces 4 là sont présents dans la série. Comme je l’indiquais plus haut, cette série est surtout une adaptation libre, mais avec quelques liens cependant, du film des frères Coen, Fargo, datant de 1996.

Fargo a-t-elle réussi son pari de rendre hommage au film, voire même le dépasser ? Pour ma part, je pense que Fargo surpasse vraiment le matériau original (c’est beaucoup dire). Je vous conseille cependant de voir le film des frères Coen avant de voir la série, pour bien prendre la température du froid qui plane sur le Minnesota qui nous est dépeint ici. Les 10 épisodes qui composent cette saison 1 sont une plongée en apnée dans le Minnesota, où les tueries et mensonges apparaissent par douzaines, depuis l’arrivée dans la région de Lorne Malvo. Psychopate sans but précis, Lorne (joué par Billy Bob Thornton) détruit tout sur son passage, y compris la petite vie tranquille de Lester Nygaard. Lester nous paraît comme un homme honnête, sympathique, même, au départ. Mais au cours des 10 épisodes, sa vraie nature nous est révelée.

Bill Oswalt (Bob Odenkirk) et Molly Silverson (Allison Tolman).
Bill Oswalt (Bob Odenkirk) et Molly Silverson (Allison Tolman)

Allison Tolman, qui joue Molly, est elle la vraie star de la série, étant d’une justesse époustouflante pour un de ses premiers rôles à la télévision, bien même plus que Billy Bob Thornton ou encore Bob Odenkirk. Elle mérite largement un Emmy Award, selon moi. Martin Freeman est lui très bon dans le rôle de Lester Nygaard, véritable antihéros, que l’on peut facilement comparer à Walter White de Breaking Bad (d’où le titre de l’article), dans la mesure où il n’a pas peur de réduire à néant sa vie pour survivre et arriver à ses fins.

La photographie de Fargo, met en valeur le désert glacial du Minnesota, véritable enfer duquel sont proies les protagonistes, notamment dans une scène époustouflante de l’épisode 6. La glace est même fatale pour l’un des personnages principaux, dans l’épisode final. La mise en scène de Fargo est ingénieuse, réussissant à retranscrire pleinement la tension procurée par la qualité du scénario, et même si le rythme est très lent, la série arrive à nous tenir en haleine tout du long. L’atmosphère est également très bien travaillée, à travers les décors notamment, ou encore les dialogues pointus et intelligents.

Fargo a donc réussi en seulement 10 épisodes à se glisser dans mes séries préférées et est devenue ma nouveauté préférée de 2014. Hallucinante de maîtrise, cette première saison passionne et se ferme sur une conclusion plus que satisfaisante. J’espère vraiment qu’il y aura une saison 2, et qu’elle sera aussi bonne que la première.

Bonus: le trailer officiel de Fargo:

 

 

 

X-Men: Days of Future Past, l’apogée de toute une saga

Synopsis: En 2023, dans un futur où les espèces humaine et mutante ont été décimées par d’impitoyables robots Sentinelles, les ultimes survivants n’ont plus grand chose à espérer de l’avenir. Dans un ultime effort pour changer le cours tragique des événements, le Professeur Charles Xavier et Magnéto envoient Wolverine dans le passé en 1973, à la rencontre des jeunes mutants écorchés qu’ils ont été. Car le meilleur moyen d’arrêter la guerre reste encore de ne pas la laisser éclater.

Autant vous le dire d’emblée: j’ai adoré DoFP (c’est comme ça que je l’appelerai dans cette critique), et c’est pour moi le meilleur film de l’univers X-Men à ce jour.  L’histoire que nous présente ce nouveau volet de la saga X-Men est la plus intéressante de l’univers jamais adaptée en film, et le film précédent, X-Men: First Class, lui donne encore plus de sens, en présentant les mutants « jeunes » et en introduisant des relations importantes entre les personnages.

Les enjeux dans DoFP sont énormes, autant pour sauver les Mutants que pour tenter de préserver l’humanité. Le film s’ouvre sur un futur (en 2023 plus précisement) apocalyptique où le Professeur X, Magneto, Wolverine, Tornade, Blink, Colossus, Bishop, Shadowcat, Iceberg, Solar et Warpath tentent de survivre tant bien que mal. Les mutants sont parqués dans un camp de concentration au beau milieu de New York. La première scène, scène d’anthologie, où les X-Men survivants se battent face aux Sentinelles, est une des séquences les plus réussies et impressionantes du film à mon avis. Ne pouvant se résigner à voir cette réalité atroce, les mutants se décident à envoyer l’un des leurs, Wolverine donc (j’ai écris sur ce choix ci-bas), dans le passé (1973 plus exactement), pour empêcher Mystique de tuer Bolivar Trask et par conséquent, de déclencher la guerre qui va causer ce futur apocalyptique.

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Le retour de Bryan Singer à la réalisation m’avait réjoui rien qu’à son annonce, je ne peux qu’être totalement satisfait par le résultat. Ce qui me plaît dans les films X-Men où Bryan Singer est impliqué (X-Men, X-Men 2, X-Men: First Class (dans une moindre mesure, même si Singer est présent à l’écriture) et donc X-Men: DoFP), c’est à quel point l’univers est pris au sérieux. Contrairement, par exemple, aux films The Amazing Spider-Man, la condition des mutants est prise au sérieuse, rendue vraisemblable, en l’intégrant pleinement aux évenements historiques. Ce n’est pas un secret que les comic-book movies qui prennent le sujet d’origine au sérieux, sont les meilleurs. Les thèmes qu’aborde DoFP sont nombreux, avec notamment de multiples paraboles au racisme et à l’intolérance: on se souviendra tous de la scène où Fauve et Mystique sont photographiés comme les plus vulgaires des animaux par les journalistes. J’ai également beaucoup aimé l’intégration de l’Histoire américaine aux évenements du film.

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Enfin, pour revenir sur le rythme et la mise en scène, qui sont quand même une partie importante de DoFP, je suis resté bouche bée devant certains moments de cinéma, de vrai cinéma. Des moments épiques, comme la séquence avec Quicksilver ou la scène d’ouverture, mais pas que. Certains moments, notamment la rencontre Charles jeune – Charles vieux que j’ai particulièrement trouvé émouvante. On ne s’ennuie jamais devant cet opus de la saga X-Men, grâce à un scénario parfaitement maîtrisé, qui ne nous perd jamais entre les arcs du passé (la souffrance de Charles, la radicalisation de Magneto et Mystique qui est prête à faire basculer le cours de l’Histoire) et le futur.

Un des seuls défauts que je trouve aux films X-Men, c’est la trop grosse importance que prend Wolverine par rapport aux autres mutants alors que les X-Men, c’est avant tout une équipe. Par exemple, dans les comics dont est adapté DoFP, c’est Kitty Pride qui est renvoyée dans le passé, et non Wolverine (comme dans le film). Enfin, pour revenir sur mon fanboyisme pur, certains caméos, comme ceux de Malicia, Jean Grey et Scott Summers m’ont fait bondir de mon siège. Je ne vous spoilerai pas la scène post-générique, mais je peux vous dire qu’en connaissant sa signification, on ne peut qu’être excité à l’idée de voir le prochain épisode de la saga, X-Men: Apocalypse.

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J’ai donc beaucoup aimé X-Men: DoFP, et c’est pour moi la meilleure adaptation des X-Men en film. Je ne me risquerai pas à affirmer que c’est mon film préféré de super-héros (ayant une petite préférence pour Batman The Dark Knight et même Kick-Ass), même s’il n’est vraiment pas très loin. Bryan Singer livre donc ici un chef-d’oeuvre (oui oui), en abordant des thèmes importants tout en gardant ce que fait un bon film: le scénario, la mise en scène et le rythme, et en allant bien au-delà d’un simple blockbuster. Si tout se passe bien, DoFP sera un carton au box-office cette année, et encouragera les studios à réaliser d’autres films de cette qualité et de cette envergure, on ne peut que s’en réjouir. Vivement l’Apocalyspe tant attendue.